A chaque fois c’est la même histoire, du plastique dans le chalut avec les poissons, et même dans les poissons dans notre assiette. Alors, certains ont décidé de ne plus se laisser empoisonner la vie. Départementale 58, au cœur du delta du Rhône. Ce matin, ces deux jeunes femmes mènent l’enquête. Elles ont initié un projet innovant. Première étape : compter, identifier les déchets plastiques et retracer leur voyage.

D’où provient le plastique présent dans les mers ?

“Tant que c’est sur la berge, c’est bien, on peut le récupérer mais effectivement une fois que c’est un peu dans l’eau, malheureusement, soit il va se décomposer dans la rivière, soit il va flotter et être pris par les courants et arriver à la mer.”

Le terrain d’étude des scientifiques, c’est ce bras du Petit-Rhône, à une poignée de kilomètres de la mer. Le plus puissant fleuve de France charrie dans ses flots de nombreux souvenirs de Genève, de Lyon, de Valence, d’Avignon. Aujourd’hui, on le sait 80% des déchets retrouvés en mer proviennent de nos villes, de nos poubelles.

“On essaye de déterminer si les déchets viennent bien des rivières, en fait. Les déchets qu’on voit en mer, ils sont drainés par tous les courants de rivières et de canaux, ça nous permet de confirmer. On voit bien des déchets arriver par les fleuves, que c’est bien l’activité anthropique et humaine en amont qui va aussi alimenter tout ce qu’on trouve en mer. C’est pas uniquement les pêcheurs ou uniquement les touristes qui laissent leurs déchets sur site, on est bien sur une accumulation venant de la terre.”

C’est donc un peu de notre chez nous qui flotte au bord de l’eau.

“Il y a une bouteille, encore, c’est assez hallucinant quand même. On s’aperçoit que sur la berge, en fait, tous les mètres ça s’accumule, il n’y pas de massives accumulations. Elle est chronique, elle est tous les mètres.”

Encore un mètre et on aura même l’impression de rentrer dans la chambre à coucher.

“C’est une vraie plaquette de pilules, en fait, c’est vraiment ça. Allez, direct, quelques poissons stérilisés.”

L’institut marin du Seaquarium du Grau du Roi

Pauline Constantin est chargée du développement de l’Institut Marin du Seaquarium. Ses voisines de bureau sont les otaries, les phoques, sympa le cadre de travail ! La mission de l’aquarium est avant tout éducative. Alors, pour sensibiliser le public on a mis en scène un poulpe dans une mer poubelle.

“Ces plastiques commencent à étouffer les fonds marins. On en retrouve presque plus que de poissons ou de biomasse marine. Quand on prélève en mer, on va avoir autant de poissons que de plastiques en termes de quantité. C’est affolant, parce qu’on sait aussi que beaucoup d’animaux le consomment, et puis nous aussi on consomme ces poissons qui mangent du plastique, donc on alerte aussi sur le fait qu’ils peuvent rentrer dans la chaîne alimentaire et qu’on est en train de consommer notre propre plastique.”

L’asphyxie menace les océans et ce constat navrant a poussé Pauline et quelques autres à relever la tête. Il fallait trouver la bonne idée : penser global, agir local. L’idée est venue sur le port de pêche du Grau-du-Roi, où les seize chalutiers font partie du décor. Les pêcheurs ramènent des plastiques dans leurs filets. Il suffit alors de les mettre de côté pour les préparer à une deuxième vie. Le projet s’appellera ReSeaclons, sea comme la mer en anglais. De son côté, Julie est allée convaincre les pêcheurs un à un.

“La majorité des pêcheurs joue le jeu, c’est ça qui est bien.”

Libre retranscription de : La Camargue, terre d’enjeux – Thalassa
Source : https://www.youtube.com/watch?v=gG3KxWFmcJ8